29.11.2016 Stratégie

La gestion du risque dans les entreprises de haute technologie : l’exemple d’Axon’ Cable.

Le 30 septembre 2016, Axon’ Cable a franchi une nouvelle étape dans sa démarche de prévention des risques en obtenant le label Generali Performance Globale. Un label qui vient récompenser également la responsabilité sociétale de cette entreprise dédiée depuis plus de 50 ans à la conception et à la fabrication de câbles et systèmes d’interconnexion pour l’électronique de pointe.

A l’occasion de cette remise de label, Joseph Puzo, PDG d’Axon’ Cable a répondu à nos questions concernant la gestion du risque dans sa société et dans le secteur de l’électronique de pointe.

 

Selon vous, quels sont les trois domaines de risques que doit gérer en priorité une société qui produit des composants et des solutions pour la haute technologie ?

Le premier risque est que le produit qu’on lance dans l’espace ait un défaut. Il faut que l’on fasse énormément de tests et de validations avant de livrer le produit au client. Le risque est également présent dans le domaine médical. Nous équipons par exemple le cœur artificiel CARMAT. On ne peut pas se permettre que nos câbles aient un défaut.

Le deuxième, c’est probablement le savoir-faire. Est-ce qu’il n’y a pas un risque que brutalement le savoir-faire disparaisse parce que nous n’avions qu’un seul salarié qui savait faire certaines actions et que l’expertise n’existe pas à l’extérieur ? Ou parce que nous avons une machine unique qui brusquement ne fonctionne plus. C’est un risque lié à la disparition d’un savoir-faire ou d’un procédé.

Autre risque moins fréquent : l’incendie. Cela nous est arrivé en début d’année ;  le feu a détruit un bâtiment. Heureusement ce sont uniquement des stocks qui ont été touchés et peu ont été détruits. Il s’agissait en plus de stocks que nous pouvions rapidement reconstituer. On peut classer ce risque plus largement dans les catastrophes naturelles : incendies, inondations…

Axon’ Cable a plus de 50 ans d’existence, pensez-vous que la capacité de l’entreprise à anticiper et gérer ses risques a contribué à sa longévité ?

En 2014, avec Generali nous avons fait une conférence au Bourget sur la gestion du risque. J’avais fait une petite introduction en montrant qu’en 50 ans nous avions connu plusieurs fois des inondations d’usines à cause d’un terrain presque plat. Nous avions donc alors réagi en réalisant des puits de rétention et des détournements en cas de montée des eaux. Voilà un exemple de notre méthode de gestion. Depuis ces aménagements nous n’avons plus jamais eu d’inondations.

En 1999, nous avons également été touchés par une tornade qui avait endommagé nos bâtiments et entrainé une coupure de courant pendant plus d’une semaine. Des groupes électrogènes nous permettront désormais de faire face à un phénomène similaire dans le futur. Nos systèmes de protection incendie ont été renforcés suite à l’incident évoqué précédemment.

Dans un autre domaine, nous avons dû faire face au départ d’une équipe complète pour un concurrent. Plusieurs personnes ont été débauchées par leur ancien chef d’équipe après son départ. Il a donc fallu reconstituer très rapidement une nouvelle équipe. Et finalement cette équipe, une fois chez le concurrent, n’a pas atteint ses objectifs. Cette équipe ne se rendait pas compte qu’elle pouvait compter chez nous sur les autres équipes dans des périodes plus difficiles ou pour faire face à des imprévus comme des soucis sur des machines. Ce support de l’ensemble de l’entreprise est un vrai point fort.

Concernant le risque économique, nous faisons attention à ce qu’un client unique ne représente pas plus de 8 % de notre chiffre d’affaires. De même, il ne faut pas qu’un seul secteur industriel dépasse les 30 %. Nous avons certaines règles qui permettent d’anticiper la perte d’un client ou l’écroulement d’un secteur comme la chute des télécoms en 2001, la chute du secteur automobile en 2005 et plus récemment la chute du prix du baril de pétrole. Nous veillons à garder une clientèle diversifiée.

Par contre, en 2009, tous les clients de tous les secteurs ont brusquement baissé leurs commandes. Nous avons alors décidé de réagir en accélérant la démarche commerciale avec plus de visites de clients, plus de présence sur les salons. En parallèle, nous avons accéléré notre R&D. A l’inverse, tous nos concurrents sur cette période ont cherché à réaliser un maximum d’économies, parfois par des licenciements ou des coupes dans les budgets de recherche et développement. En prenant le contre-pied du secteur, nous avons pu gagner des parts de marché pendant la crise. Notre chiffre d’affaires n’a baissé que de 15 %, environ moitié-moins que celui de nos concurrents.

L’univers de l’électronique s’est totalement transformé entre la création d’Axon’Cable en 1965 et aujourd’hui. Selon vous, est-ce quels nouveaux risques sont apparus pour votre entreprise et votre secteur depuis le début des années 2000 ?

Le développement d’Internet a fait naitre un nouveau risque. Par exemple, les informations diffusées dans un événement comme une conférence ou un salon en Chine sont immédiatement retransmises dans le monde entier. Tous les concurrents sont alors au courant et réciproquement. Cela nous oblige à innover de plus en plus vite, à un rythme soutenu.

La mondialisation a apporté également une relation différente avec les sous-traitants. Si l’on sous-traite en Chine, on risque de voir notre prestataire contacter les concurrents.  A cela s’ajoute l’allongement des délais de transport et des complications potentielles. Pour nous, cela incite à travailler le plus possible avec des partenaires de proximité. On voit aussi apparaitre le phénomène de relocalisation de certaines usines. Finalement l’industrie du futur, où le numérique est très présent, change la façon dont une entreprise doit être organisée : il faut innover plus vite avec des partenaires de proximité.

De plus si le fournisseur est juste à côté, il est plus facile d’échanger avec lui pour réaliser des ajustements, il peut également nous solliciter pour obtenir des compléments d’information. L’innovation en est facilitée. Dans le même sens, on observe l’apparition de plus en plus fréquente d’un fournisseur unique.

Beaucoup de nos clients nous choisissent comme fournisseur unique. Nous sommes par exemple fournisseur unique du câblage des commandes de vol de l’Airbus 350. Ces commandes sont répétées quatre fois pour palier à une éventuelle défaillance. Ces câbles sont produits sur deux lignes de productions distinctes avec des composants différents. Avec cette conception de la production, on limite ainsi au maximum le risque de réplique d’une défaillance éventuelle.

Axon’Cable produit notamment des câbles et connecteurs pour l’aérospatial et le rover Curiosity. Quelles mesures de contrôles doivent être appliquer pour un secteur aux conditions extrêmes  ?

Même si l’on connait très bien notre domaine du câble et du connecteur, le client peut parfois avoir des exigences spécifiques. On passe donc beaucoup de temps en « co-engineering » pour mutualiser les expertises afin d’adapter au mieux nos habitudes au nouveau produit. Il doit être mis au point en discutant avec les ingénieurs du client. Le « co-engineering » permet aussi d’innover rapidement en concevant un produit au plus près des besoins du client.

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