30.11.2016 supply chain

La relation fournisseurs au service de la prévention : l’exemple du Groupe Avril

Placer la sécurité au cœur de la relation client fournisseur, tel est le souhait du Groupe Avril. Sa direction Achats poursuit donc son programme de gestion de la relation des fournisseurs (SRM) baptisé « Win Win Way ».

 

Lors de cette journée du 11 octobre, Aon France et Generali ont été récompensés pour leur programme de gestion des risques incendies. Ce programme se base sur la mise en place d’audits de prévention et d’outils de suivi des recommandations et d’évaluation des risques incendies et des pertes d’exploitations consécutives. Autre fournisseur du Groupe Avril, DLM a reçu un « Suppliers Safety Awards » pour son dispositif de sensibilisation et de suivi sécurité en milieu industriel. Le Groupe Avril a également salué G4S pour l’élaboration d’une procédure sécuritaire de travail en espace confiné et SAP pour deux applications dédiées au « zéro accident ».

Pour mieux comprendre la stratégie du Groupe Avril, Elvire Regnier-Lussier, Directrice Achats du groupe Avril, nous détaille cette vision associant innovation et prévention.

Comment le Groupe Avril définit-il le terme Safety et en quoi ce terme nous amène-t-il au Suppliers Safety Award ?

 

Quand nous parlons de « Safety » nous faisons référence à la sécurité des hommes au travail, nous sommes sur des problématiques notamment industrielles relativement éloignées des questions de risk management pur.

Si je repositionne l'événement dans un contexte plus large, quand je suis arrivée dans le groupe il y a 3 ans, je pensais intéressant de mettre en place une démarche SRM, c'est à dire du Supplier relationship management. Vous connaissez déjà le CRM, le SRM est l'équivalent de l'autre côté, c’est-à-dire « comment est-ce qu’une organisation travaille en collaboration avec ses fournisseurs stratégiques ».

Nous considérons nos fournisseurs stratégiques comme des assets.

Dans ce cadre, l'équipe achat a lancé un programme qui s'appelle « Win Win Way ». Nous avons en effet marketé ce programme parce qu'on peut mettre beaucoup de choses autour du terme de SRM. C'était d’ailleurs l’objet d’un événement le 20 novembre 2015. L'an dernier, nous avions invité les directeurs généraux de nos trente fournisseurs stratégiques ainsi que leurs responsables achats afin de lancer le programme autour de la capture de l'innovation. Quand un fournisseur a une bonne idée, nous préférons qu'il vienne nous la proposer plutôt qu'à nos concurrents. Aujourd'hui, il y a une compétition entre les clients pour obtenir les meilleurs fournisseurs. On veut tous avoir les nouveautés, les idées les plus innovantes, en avant-première. Ça peut être pragmatique comme un nouveau bouchon, une nouvelle étiquette, une nouvelle formule mais ça peut aussi concerner l'innovation en matière de sécurité.

On arrive donc aux « Supplier Safety Awards » qui cette fois-ci sont axés sous l’angle de la sécurité. Nous attendons en effet de nos fournisseurs stratégiques de l'innovation mais aussi de la contribution sur la sécurité car nos deux supply chains se rencontrent à un moment et s'intègrent. On parle alors de supply chain élargie. Cela concerne la supply chain du fournisseur jusqu'à son client. Le terme de supply chain concerne aussi des prestations intellectuelles et Generali s'intègre absolument dans cette démarche. Le Supplier Safety Awards est très lié au domaine HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement). Aon et Generali nous ont par exemple accompagnés sur un programme de gestion des risques sur les incendies. Il s’agit donc vraiment d’une problématique industrielle essentielle pour le groupe Avril et ses 82 sites industriels dans le monde.

Comment le Groupe Avril développe-t-il sa relation avec Generali pour innover et améliorer sa gestion des risques ?

Dans le cadre de notre programme « Win Win Way », nous estimons que 70 % de l'innovation devrait venir des fournisseurs. Mon challenge, c'est qu'Avril soit encore plus innovant grâce à ses fournisseurs. Pour cela, il faut attirer les meilleurs fournisseurs et prestataires : nous devons être attractifs. Nous devons bien sûr faire des économies mais cet objectif peut être atteint de manière collaborative en travaillant sur ce que l'on appelle le coût total, c’est-à-dire combien nous coûte une prestation. Aujourd'hui, Aon est un partenaire Gold : nous lui confions l'ensemble de nos prestations d'assurance de gré à gré pour développer une relation de fidélité et que l’engagement dure jusqu’au bout. Ce que l'on veut faire avec Aon, accompagné de Generali, c'est travailler sur des éléments plus avancés comme les solutions de captives. C'est pour cela qu'il nous faut de vrais partenaires solides et de confiance avec qui nous pouvons partager nos axes stratégiques en toute confidentialité.

70 % de l'innovation devrait venir des fournisseurs.

Quels sont les principaux axes d'innovation développés par le Groupe Avril ?

Le groupe est très particulier dans le paysage agroalimentaire et agro-industriel français. C'est un groupe fondé en 1983 par les agriculteurs avec pour objectif d'offrir des débouchés durables aux filières nationales des huiles et des protéines. Aujourd'hui, le groupe s’est développé dans des secteurs très diversifiés mais reste profondément lié aux acteurs de l’agriculture, depuis les champs de colza et de tournesol de nos campagnes jusqu’aux éleveurs.

Notre innovation est donc liée à cette capacité à développer un modèle en filière, mot clé qui résume tout Avril. Notre marque de fabrique en quelques sortes, à travers laquelle nous avons réussi à développer une innovation constante autour de la valorisation des huiles, d’une part, et des protéines, d’autre part. C’est ainsi que depuis ces débuts, Avril a su valoriser ses huiles végétales en huiles de table bien sûr, mais également en énergies renouvelables (avec l’invention de Diester, biodiesel de colza français) et en molécules biosourcées pour la chimie renouvelable (la glycérine végétale, dont Avril est le leader mondial, est un coproduit de la production de biodiesel d’oléagineux).

L’innovation ne s’arrête pas là et Avril investit également dans la valorisation des protéines végétales, à l’instar du tourteau, coproduit issu de la trituration de la graine de colza qui, riche en protéines, est notamment utilisé dans l’alimentation animale, contribuant à l’indépendance protéique de la France, aujourd’hui assurée à 55% grâce au développement de la culture du colza. Par l’innovation, Avril a développé une nouvelle voie de valorisation de ces tourteaux dans la « proteochimie», terme déposé par Avril.

La proteochimie consiste à travailler sur la fragmentation de la protéine végétale pour trouver de nouvelles voies de valorisation. La naissance de la société Evertree, joint venture entre Avril, le fonds d’investissement SPI « Société de projets industriels », opéré par Bpifrance et la startup Biopolymer Technologies, en est une illustration emblématique. L'objectif est de favoriser le développement de nouvelles voies de valorisation des protéines végétales pour répondre à la fois aux besoins des industriels et à l’évolution des attentes des consommateurs. Une première application industrielle a ainsi été développée par Evertree, portant sur la fabrication de nouveaux additifs pour colle entrant dans la composition de produits comme les panneaux de bois composites. Ces panneaux sont actuellement composés de COV (composés organiques volatiles) qui sont des additifs pour colle classés cancérigènes. Aujourd'hui nous sommes en mesure de les remplacer, totalement ou partiellement, par un additif à base de colza.

Après 30 ans d'innovation autour de la valorisation des huiles, nous sommes donc aujourd’hui à un nouveau tournant avec la valorisation des protéines. C'est un travail de prospective qui est très important chez Avril. Nous avons lancé une étude au long court sur le sujet afin de déterminer comment nos filières agricoles pourront répondre aux besoins de la planète en huiles et protéines à l’horizon 2030, et l'axe principal qui a émergé de cette prospective, c'est que la protéine représente un défi majeur si l’on veut parvenir à répondre à l’augmentation de la demande grandissante en protéines qu’implique la croissance démographique de la planète.

 

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